Crise politique au Sénégal | Important débat au Parlement, affrontements sporadiques devant l’Assemblée nationale

Crise politique au Sénégal : Débat crucial au Parlement en présence d’heurts sporadiques devant l’Assemblée.




La crise politique au Sénégal

Les députés sénégalais examinent un texte controversé

La scène politique sénégalaise secouée par des heurts

Les députés sénégalais examinent lundi un texte controversé qui permettrait de reporter la présidentielle et qui a causé de nouveaux heurts à l’extérieur de l’Assemblée nationale transformée en citadelle par la présence policière.

Publié à 12h38

Au sein de l’hémicycle, les débats se tiennent dans une atmosphère électrique. Des députés en sont venus aux mains, conduisant à une interruption de séance en début d’après-midi.

Autour du Parlement, les gendarmes ont repoussé avec des gaz lacrymogènes les tentatives de rassemblement à l’appel de l’opposition. De petits groupes se sont repliés plus loin en scandant « Macky Sall dictateur », du nom du président sénégalais.

Internet coupé

Le quartier du Plateau, siège de la décision politique, a offert le spectacle rarissime de protestataires en petit nombre jouant au chat et à la souris avec les forces de sécurité parmi les Dakarois vaquant à leurs activités autour de l’Assemblée placée sous la protection de dizaines de gendarmes et policiers appuyés par des véhicules lourds.

« L’essentiel pour moi est de dire non à cet agenda politique, ce coup de force pour essayer de rester au pouvoir », a dit à l’AFP l’un des manifestants, Malick Diouf, 37 ans.

Le Sénégal, réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, est en proie à de vives tensions depuis que le président Sall a annoncé samedi, quelques heures avant l’ouverture de la campagne, le report de la présidentielle prévue le 25 février.

Cette décision dénoncée avec virulence par ses détracteurs comme un « coup d’État constitutionnel » plonge le pays dans l’inconnu et fait craindre une ébullition. Elle a causé un tollé parmi les candidats qualifiés et dans la société civile.

L’internet des données mobiles a été coupé. Le ministère des Télécommunications a invoqué la diffusion de « messages haineux et subversifs » sur les réseaux sociaux.

Partenaires internationaux inquiets

Adoption ou rejet, la situation, sans précédent dans un pays qui a régulièrement élu ses présidents et n’a jamais connu de coup d’État, une rareté sur le continent, demeurera hautement volatile.

Elle suscite l’inquiétude à l’étranger. La Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine, les États-Unis, l’Union européenne, la France et le Royaume-Uni, partenaires importants du Sénégal, ont demandé de travailler à une nouvelle date, et ont appelé au dialogue entre les acteurs de la crise.

Celle-ci fait redouter au Sénégal un nouvel accès de fièvre comme ceux qu’il a connus en mars 2021 et juin 2023, qui ont causé des dizaines de morts et donné lieu à des centaines d’arrestations.

Malgré une indignation largement partagée sur les réseaux sociaux, la protestation contre le report de la présidentielle n’a pas gagné massivement les rues. L’université de Dakar, haut lieu historique de contestation, est fermée depuis les troubles de 2023, et le parti antisystème Pastef a été éprouvé par les arrestations.

Foire aux questions sur la crise politique au Sénégal

Q: Pourquoi le président Sall a-t-il annoncé le report de la présidentielle prévue le 25 février ?

R: Le président Sall a invoqué le grave conflit entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale après la validation définitive par la juridiction de vingt candidatures et l’élimination de plusieurs dizaines d’autres. Il a allégué du risque de contestation pré-et post-électorale et de nouveaux heurts.

Q: Quelle est la réaction de la communauté internationale ?

R: La Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine, les États-Unis, l’Union européenne, la France et le Royaume-Uni, partenaires importants du Sénégal, ont demandé de travailler à une nouvelle date, et ont appelé au dialogue entre les acteurs de la crise.



Source: Journal Le Soir

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