La France face à la recrudescence de la méningite à méningocoques : un nouveau protocole vaccinal pour se protéger contre cette infection grave
La France est actuellement confrontée à une recrudescence des cas de méningite à méningocoques, une infection grave qui peut représenter une urgence vitale. Depuis le début de l’année, plusieurs cas ont été recensés, notamment chez des jeunes, et les autorités sanitaires ont décidé de mettre en place un nouveau protocole vaccinal pour se protéger contre cette infection. Le 1er janvier dernier, de nouvelles obligations et recommandations vaccinales sont entrées en vigueur, mais il est difficile de s’y retrouver tant le calendrier vaccinal est complexe.
Qu’est-ce que la méningite à méningocoques ?
La méningite à méningocoques est une infection grave causée par des bactéries transmissibles par les voies respiratoires. Il existe plusieurs sortes de méningocoques, appelés sérogroupes, dont les plus courants en France sont B, C, W et Y. La méningite à méningocoques peut être mortelle dans 5 à 10% des cas, et chez ceux qui survivent, 20% peuvent présenter des séquelles invalidantes, telles que des déficits moteurs, une surdité ou même des amputations de membres.
Le nouveau protocole vaccinal
Depuis 2018, seule la vaccination anti-méningocoque C était obligatoire chez les nourrissons de moins de 1 an. Cependant, avec l’augmentation des cas d’infection invasive à méningocoques, les autorités sanitaires ont décidé de réviser le protocole de vaccination. Désormais, deux vaccins sont obligatoires chez les enfants de moins de deux ans : le vaccin contre le sérogroupe B, qui se fait à 3 mois, à 5 mois, avec un rappel à 12 mois, et le vaccin tétravalent contre les groupes A, C, W et Y, qui remplace celui contre le seul groupe C et se fait à six mois, avec un rappel à 12 mois.
Pourquoi ce changement de stratégie vaccinale ?
Le nombre de cas d’infection invasive à méningocoques ne cesse d’augmenter en France depuis la fin de la pandémie de Covid-19, avec un pic à 90 cas pour le seul mois de janvier 2025, soit 80% de plus qu’en janvier 2024. Les autorités sanitaires sont particulièrement inquiètes face à l’apparition de deux nouveaux sérogroupes, W et Y, qui n’étaient pas compris dans les vaccins utilisés en France jusqu’à présent. Le sérogroupe W est particulièrement virulent, avec une mortalité de 20%, soit deux chances sur dix de mourir.
Les vaccins empêchent-ils la contagion ?
Les tranches d’âge les plus touchées en incidence sont les enfants âgés de moins de cinq ans, les adolescents et les jeunes adultes. Les autorités sanitaires ont donc choisi de jouer sur deux tableaux : renforcer la protection directe des nourrissons de moins d’un an avec une vaccination obligatoire contre le B, et protéger de façon indirecte toute la population en vaccinant largement les adolescents et les jeunes adultes de 15 à 24 ans. Le vaccin tétravalent contre ACWY a deux intérêts : il agit non seulement pour prévenir l’infection, mais aussi le portage.
Quels vaccins sont-ils remboursés et dans quelles conditions ?
Pour les publics concernés par l’obligation et la recommandation vaccinale, l’Assurance maladie rembourse à 65% les vaccins Bexsero contre les méningocoques de type B, et Nimenrix/Menquadfi contre ceux de type ACWY. Cependant, la Haute autorité de santé ne préconise pas d’élargir le vaccin contre le sérogroupe B à tous les adolescents, car il n’agit pas sur le portage.
Mon ado a déjà été vacciné dans l’enfance, pourquoi le revacciner ?
La protection contre le méningocoque nécessite un taux d’anticorps assez élevé, et les adolescents, par leur mode de vie sociale, favorisent la transmission. Il est donc nécessaire de procéder à un rappel vaccinal à l’adolescence pour maintenir une protection élevée.
Quid des enfants de moins de 5 ans nés avant 2025 ?
Les enfants de moins de 5 ans nés avant l’entrée en vigueur du nouveau protocole vaccinal peuvent recevoir une deuxième dose de vaccin anti-ACWY si ils ont déjà reçu une première dose de vaccin anti-méningocoque C avant le 1er janvier 2025. Cependant, les choses pourraient évoluer, car le ministre de la Santé a saisi la Haute autorité de santé sur l’opportunité d’une "mesure provisoire de rattrapage" pour ces enfants qui n’ont pas bénéficié d’une protection contre les souches W et Y.
En conclusion, la France est face à une recrudescence des cas de méningite à méningocoques, et les autorités sanitaires ont mis en place un nouveau protocole vaccinal pour se protéger contre cette infection grave. Il est essentiel de comprendre les nouveaux vaccins obligatoires et recommandés, ainsi que les conditions de remboursement, pour protéger les plus vulnérables et prévenir la contagion.