LaCoréenne aux mots sombres : Han Kang, la nouvelle star de la littérature mondiale
La vie peut parfois prendre des tournures inattendues. Pour Han Kang, le prix Nobel de littérature 2024 est tombé du ciel comme une bénédiction, ou peut-être une malédiction, alors qu’elle sirotait tranquillement un thé avec son fils unique dans son appartement de Séoul. Cette Coréenne de 54 ans, auteur de romans aux humeurs sombres et poétiques, a toujours préféré l’anonymat à la célébrité. Mais avec la reconnaissance internationale vient la responsabilité, et Han Kang doit maintenant partager son monde intérieur avec le monde entier.
Une œuvre sombre et envoûtante
Les romans de Han Kang sont comme des océans de tristesse, où les rêves et les cauchemars se mélangent pour créer une atmosphère oppressante et envoûtante. Son style, simple mais percutant, touche les lecteurs avec une intensité qui donne l’impression que tout est lié. Sa langue est comme une musique qui résonne dans l’âme, avec des phrases qui semblent couler comme du sang. Les traductions françaises de ses livres, réalisées par des traducteurs talentueux comme Kyungran Choi et Pierre Bisiou, rendent parfaitement compte de sa scansion poétique habitée de spectres entêtants.
Une vie simple et discrète
Han Kang est une femme discrète et réservée, qui préfère la paix et la solitude à la célébrité. Elle aime écrire, passer du temps avec son fils et jouir de la simplicité de la vie. Son père, également écrivain, voulait organiser des festivités pour célébrer son prix Nobel, mais elle l’a dissuadé, préférant maintenir un profil bas. Son seul plaisir est de partager son amour pour la musique, notamment les œuvres de Bach, Beethoven et Mozart, avec son fils musicien.
Le poids de la célébrité
Avec la reconnaissance internationale vient la pression et les attentes. Han Kang doit maintenant faire face à des milliers de fans et de journalistes qui cherchent à percer son mystère. Elle a même dû fermer sa librairie à Séoul pour éviter les troubles à l’ordre public. Les militants de l’extrême droite coréenne se sont réunis devant l’ambassade de Suède pour protester contre son prix Nobel, en raison de son roman "Celui qui revient", qui relate le massacre de Gwangju en 1980. Mais Han Kang ne se laisse pas déstabiliser, continuant à écrire avec la même intensité et la même passion.
Un discours de Stockholm émouvant
Lors de son discours de Stockholm, Han Kang a confié utiliser son corps entier pour écrire, avec tous les détails sensoriels de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût, de la tendresse, de la chaleur, du froid et de la douleur. Son écriture est un acte organique, qui donne l’impression que tout est lié. Elle est "Mme 100 000 volts" au pays du Matin-Calme, envoyant des décharges électriques aux lecteurs avec ses phrases simples mais percutantes.
Une nouvelle star de la littérature mondiale
Han Kang est désormais une célébrité planétaire, comme Michael Jackson, son idole. Elle se promène dans les rues de Séoul avec des lunettes noires et une casquette, comme une star de K-pop. Mais elle reste la même, discrète et réservée, avec un cœur sombre et poétique qui continue à créer des œuvres sublimes. Elle est Han Kang, la Coréenne aux mots sombres, qui a conquis le monde avec son écriture envoûtante et son âme belle.