La Longue Odyssée d’Ihsane El Kadi : Un Journaliste Algérien Face à la Justice
Le 1er novembre 2024, Ihsane El Kadi, un journaliste algérien connu pour son courage et son engagement en faveur de la liberté d’expression, a bénéficié d’une mesure de grâce à l’occasion du 70e anniversaire de la guerre d’indépendance. Cette décision a mis fin à une longue période d’incertitude et de lutte pour ce journaliste, qui avait été condamné à plusieurs reprises pour ses écrits et ses prises de position.
La saga judiciaire d’El Kadi avait commencé en mars 2021, lorsque l’ancien ministre de la Communication, Amar Belhimer, avait porté plainte contre lui suite à la publication d’un article d’opinion sur Radio M. Cette plainte avait déclenché une série de poursuites judiciaires contre le journaliste, qui avait été arrêté à plusieurs reprises et condamné à des peines de prison. Le 10 juin 2021, El Kadi avait été arrêté et longuement interrogé au sein de la caserne d’Antar, marquant ainsi le début d’une longue période de détention provisoire.
En février 2022, les choses avaient pris une tournure encore plus grave pour El Kadi, lorsque le défenseur des droits humains Zakaria "Zaki" Hannache avait été arrêté et inculpé, entre autres, d’ "apologie du terrorisme" et d’ "atteinte à la sécurité de l’État". La mise sous mandat de dépôt de Zaki Hannache avait été accompagnée d’une mise en accusation d’El Kadi dans le même dossier, lequel avait été poursuivi pour "appartenance à groupe terroriste". ces accusations de terrorisme visant El Kadi avaient toutes été abandonnées le 17 novembre 2022, mais les poursuites judiciaires contre lui avaient continué.
En décembre 2022, El Kadi avait été condamné en appel à six mois de prison ferme dans le cadre de la procédure initiée par l’ancien ministre de la Communication, Amar Belhimer. Le siège d’Interface Médias, l’entreprise dirigée par El Kadi, avait été perquisitionné et mis sous scellés. Le 24 décembre 2022, El Kadi avait été arrêté et placé en détention provisoire, avant d’être poursuivi en vertu des articles 95, 95 bis et 96 du Code pénal, relatif à la réception de financements de l’étranger.
En 2023, les condamnations d’El Kadi s’étaient enchaînées. Le 2 avril, il avait été condamné à 5 ans de prison dont 3 fermes par le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger. Le 18 juin, la peine avait été portée en appel à 7 ans de prison, dont 2 ans avec sursis. Le 12 octobre, la Cour suprême avait rejeté le pourvoi en cassation d’El Kadi et confirmé la condamnation à 7 ans de prison. Enfin, le 5 juillet 2024, la peine d’El Kadi avait été réduite de cinq à trois ans de prison ferme.
La longue odyssée d’Ihsane El Kadi est un exemple poignant des difficultés que rencontrent les journalistes et les défenseurs des droits humains en Algérie. Malgré les condamnations et les périodes de détention, El Kadi est resté engagé en faveur de la liberté d’expression et de la démocratie. Sa libération, le 1er novembre 2024, est un soulagement pour ses proches et ses soutiens, mais elle ne met pas fin aux inquiétudes concernant la liberté de la presse et la justice en Algérie. La communauté internationale doit rester vigilante et continuer à soutenir les journalistes et les défenseurs des droits humains qui luttent pour leurs droits et leur liberté.