La visite du ministre israélien des Affaires étrangères à Paris : unsubstriel à la quête d’un nouveau deal avec l’Iran ?
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, était en visite jeudi à Paris, où il a rencontré le ministre français chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Noël Barrot. À l’occasion de cette visite, M. Saar a partagé ses pensées sur les derniers développements géopolitiques au Moyen-Orient, notamment en ce qui concerne les relations entre l’Iran et la communauté internationale. Alors que l’ancien président américain Donald Trump évoque de nouvelles négociations avec l’Iran, M. Saar a accordé un entretien exclusif au Lesoir pour partager son point de vue sur la question.
Un contexte géopolitique en constante évolution
Le ministre israélien des Affaires étrangères a rappelé que les conditions actuelles sont très différentes de celles qui prévalaient lors de la conclusion de l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015. "Nous avons aujourd’hui un président américain plus dur, un nouveau chef d’État iranien et des Européens qui ont ouvert les yeux", a-t-il déclaré. La guerre en Ukraine, qui a mis en lumière l’aide fournie par Téhéran à la Russie, a joué un rôle important dans cette prise de conscience. De plus, les attaques directes menées par l’Iran contre Israël en avril et en octobre 2024, ainsi que les actions de ses affidés, le Hamas et le Hezbollah, à partir du 7 octobre, ont fait comprendre à la communauté internationale la nature de l’agression iranienne.
Un nouveau "deal" : pour ou contre ?
M. Saar a été interrogé sur la possibilité d’un nouveau "deal" avec l’Iran, alors que le programme nucléaire iranien a quasiment atteint son but. "La question qui se pose aujourd’hui à tout le monde est : s’ils ont fait ça sans nucléaire, que feront-ils le jour où ils auront un parapluie nucléaire ?", a-t-il déclaré. Le ministre israélien des Affaires étrangères estime que la communauté internationale doit prendre en compte les risques liés à un Iran nucléarisé et agir en conséquence.
Les leçons du passé
M. Saar a rappelé que l’accord de 2015 a échoué et que les conditions actuelles sont très différentes. "Nous avons appris des leçons du passé et nous devons les appliquer pour éviter les mêmes erreurs", a-t-il déclaré. Le ministre israélien des Affaires étrangères estime que la communauté internationale doit être plus ferme et plus déterminée pour faire face aux défis posés par l’Iran.
La position de la France
La visite de M. Saar à Paris a également permis de discuter de la position de la France sur la question iranienne. Le ministre français chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Noël Barrot, a réaffirmé la position de la France en faveur d’une solution diplomatique et d’un dialogue constructif avec l’Iran. Cependant, M. Barrot a également rappelé que la France est déterminée à faire respecter les droits et les intérêts de ses alliés, notamment Israël.
Conclusion
La visite du ministre israélien des Affaires étrangères à Paris a été l’occasion de discuter des derniers développements géopolitiques au Moyen-Orient et de la question iranienne. M. Saar a partagé ses pensées sur les risques liés à un Iran nucléarisé et la nécessité pour la communauté internationale de prendre en compte ces risques. La position de la France sur la question a également été réaffirmée, avec une préférence pour une solution diplomatique et un dialogue constructif. Cependant, la détermination de la France à faire respecter les droits et les intérêts de ses alliés, notamment Israël, a également été rappelée. La quête d’un nouveau "deal" avec l’Iran est donc en marche, mais les conditions sont très différentes de celles qui prévalaient en 2015 et les enjeux sont considérables.