Résurrection de la mémoire : quinze jeunes Allemands et Français unis pour honorer la mémoire de Buchenwald
Sous la direction de Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass, un projet artistique audacieux a vu le jour au camp de concentration de Buchenwald, près de Weimar, en Allemagne. Quinze jeunes Allemands et autant de Français, issus de milieux défavorisés, se sont réunis pour déclamer les mots de l’écrivain Jorge Semprun, auteur de "L’Écriture ou la vie", dans les lieux même où des milliers de déportés ont perdu la vie. Cette expérience forte et émouvante a pour but de ranimer la mémoire de l’Histoire et de sensibiliser les jeunes générations aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.
Un lieu de mémoire poignant
Le camp de Buchenwald, créé en 1937, est l’un des symboles les plus sombres de la Shoah. Plus de 250 000 personnes y ont été déportées, dont des Juifs, des Roms, des homosexuels, des opposants politiques et des prisonniers de guerre. Les conditions de vie y étaient atroces, avec des milliers de détenus entassés dans des baraquements insalubres, sans accès à des installations sanitaires dignes de ce nom. Les latrines du Petit Camp, où les jeunes ont déclamé les textes de Semprun, sont un lieu de mémoire poignant, où les déportés affaiblis par la faim, la maladie et les sévices ne pouvaient même pas se rendre pour répondre aux besoins les plus élémentaires.
Un projet artistique pour ranimer la mémoire
C’est dans ce contexte que Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass ont décidé de monter un projet artistique qui réunirait des jeunes Allemands et Français pour déclamer les textes de Jorge Semprun. L’écrivain franco-espagnol, déporté à Buchenwald en 1943, a écrit "L’Écriture ou la vie" en 1994, un ouvrage qui relate son expérience dans le camp et explore les liens entre la mémoire, l’écriture et la survie. Les jeunes participants, issus de milieux défavorisés, ont été choisis pour leur passion pour la littérature et leur envie de découvrir l’Histoire de leur pays.
Une expérience forte et émouvante
La récitation des textes de Semprun dans les latrines du Petit Camp a été une expérience forte et émouvante pour les jeunes participants. Jovana, 18 ans, a déclamé un extrait de "L’Écriture ou la vie" en allemand, langage qui fut celui des geôliers, mais également celui de la résistance et de la survie pour les déportés. Les mots de Semprun ont résonné dans le silence du camp, évoquant les souffrances et les espoirs des déportés. Les jeunes ont pu ainsi se connecter avec l’Histoire et comprendre l’importance de la mémoire collective.
Un projet pour sensibiliser les jeunes générations
Ce projet artistique a pour but de sensibiliser les jeunes générations à l’importance de la mémoire et de l’Histoire. En réunissant des jeunes Allemands et Français, il vise à promouvoir la compréhension mutuelle et la réconciliation. Les participants ont pu découvrir les liens entre la littérature, l’Histoire et la mémoire, et comprendre comment les événements du passé continuent de façonner notre présent. Ce projet est un exemple de cómo l’art et la littérature peuvent être utilisés pour promouvoir la paix, la tolérance et la compréhension entre les nations.
Conclusion
Le projet de Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass est un exemple poignant de cómo l’art et la littérature peuvent être utilisés pour ranimer la mémoire et sensibiliser les jeunes générations aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Les quinze jeunes Allemands et Français qui ont participé à ce projet ont pu découvrir l’Histoire de leur pays et comprendre l’importance de la mémoire collective. Ce projet doit être salué et reproduit, car il nous rappelle que la mémoire est un outil puissant pour promouvoir la paix, la tolérance et la compréhension entre les nations.