La France dans l’embarras : comment faire plier l’Algérie sur le rapatriement de ses ressortissants ?
La France est face à un dilemme diplomatique délicat avec l’Algérie, qui refuse de reprendre ses propres ressortissants expulsés de France. Après l’attaque terroriste de Mulhouse, qui a fait un mort et sept blessés, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a décidé de passer au "rapport de force" avec Alger. Mais comment faire plier un pays qui refuse de coopérer, malgré les demandes répétées de la France ?
Selon Retailleau, la France a déjà demandé à dix reprises à l’Algérie de reprendre son ressortissant, sans succès. Le ministre a rappelé que la France avait même évoqué la possibilité d’un "rapport de force" pour inciter l’Algérie à réviser sa position. Mais quels sont les leviers de pression dont dispose la France pour faire plier l’Algérie ?
Tout d’abord, il y a la question des visas. La France pourrait réduire le nombre de visas délivrés aux Algériens ou les rendre plus difficiles à obtenir. C’est un levier classique de la diplomatie, mais qui pourrait avoir des conséquences négatives sur les relations économiques et culturelles entre les deux pays.
Ensuite, il y a l’accord de 1968, qui régit les relations entre la France et l’Algérie en matière de sécurité et de coopération. La France pourrait utiliser cet accord pour exercer des pressions sur l’Algérie, mais cela risquerait de créer des tensions supplémentaires entre les deux pays.
Mais le levier de pression le plus important dont dispose la France est probablement l’accord d’association signé par l’Algérie et l’Union européenne en 2002. Cet accord, qui est entré en vigueur en septembre 2005, prévoit des tarifs douaniers réduits pour les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Union européenne. La France pourrait utiliser cet accord pour négocier un rééquilibrage des droits douaniers, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l’économie algérienne.
En effet, l’Algérie est très dépendante des importations européennes, en particulier des produits alimentaires et des biens d’équipement. Si la France devait réduire les tarifs douaniers pour les échanges commerciaux avec l’Algérie, cela pourrait avoir des conséquences négatives pour les exportateurs algériens, qui perdraient leur avantage compétitif sur le marché européen.
C’est pourquoi le ministre de l’Intérieur a évoqué la possibilité d’un "rééquilibrage" des droits douaniers, qui pourrait être proposé à l’Algérie en échange de sa coopération sur la question du rapatriement de ses ressortissants. C’est un jeu diplomatique complexe, qui nécessite une grande prudence et une bonne compréhension des enjeux économiques et politiques en jeu.
Mais la France n’a pas d’autre choix que de jouer ce jeu, car la sécurité de ses citoyens est en jeu. L’attaque terroriste de Mulhouse a montré que les terroristes algériens peuvent frapper en France, et que la France doit prendre des mesures pour protéger ses citoyens. La question du rapatriement des ressortissants algériens est donc devenue un enjeu majeur de la politique étrangère de la France, et la France doit utiliser tous les leviers de pression dont elle dispose pour faire plier l’Algérie.
Il est à noter que la situation est également compliquée par les tensions historiques et culturelles entre la France et l’Algérie. La France a colonisé l’Algérie pendant plus d’un siècle, et les relations entre les deux pays sont encore marquées par les blessures du passé. La question du rapatriement des ressortissants algériens est donc également un enjeu de dignité nationale pour l’Algérie, qui refuse de se laisser dicter ses décisions par la France.
En fin de compte, la France et l’Algérie devront trouver un compromis pour résoudre cette crise diplomatique. La France devra peut-être faire des concessions sur les droits douaniers ou les visas, tandis que l’Algérie devra peut-être accepter de reprendre certains de ses ressortissants. Mais cela nécessitera une grande flexibilité et une bonne volonté de part et d’autre, car la sécurité des citoyens et la dignité nationale sont en jeu. La France et l’Algérie devront donc travailler ensemble pour trouver une solution qui satisfasse les deux parties, et qui permette de renforcer les relations entre les deux pays.