Le décès de Jean-Claude Lamy, un grand journaliste et écrivain
Le monde du journalisme et de la littérature est en deuil. Jean-Claude Lamy, un homme de plume prolifique et réspecté, est décédé à l’âge de 83 ans, dans son cher Île aux moines, où il aimait à passer du temps. Sa femme, Fabienne, a annoncé la nouvelle, qui a été confirmée par tous ceux qui l’ont connu et travaillé avec lui. Pour eux, le journalisme et la littérature n’étaient pas juste des passions, mais une véritable vocation pour cet homme exceptionnel.
Une enfance marquée par l’aventure
Dès son adolescence, Jean-Claude Lamy était fasciné par le personnage de Rouletabille, le reporter intrépide créé par Gaston Leroux. Il aimait à citer ce personnage de fiction, et était même l’un des rares à connaître son véritable nom : Joseph Joséphin. Cette fascination pour l’aventure et la découverte l’a amené à choisir la carrière de journaliste, un métier qu’il a exercé avec passion et détermination.
Une carrière journalistique épanouie
Jean-Claude Lamy a commencé sa carrière journalistique en contribuant à la rubrique "Potins de la commère" de Carmen Tessier, une des journalistes les plus célèbres de l’époque. Il a ensuite rejoint le Centre de formation des journalistes (CFJ) et a fait ses armes dans la presse quotidienne régionale, notamment au Dauphiné Libéré. Par la suite, il a travaillé pour deux grands titres : France Soir et Le Lesoir. Il a été l’un des rares journalistes à avoir pu écrire sur les coulisses des prix littéraires et a même postulé au fauteuil de Jean Dutourd à l’Académie française en 2012.
Un enquêteur exemplaire
Jean-Claude Lamy était un grand journaliste, aimé de ses collègues et de ses rivaux pour sa bonté et son professionnalisme. Il était un enquêteur exemplaire, capable de dénicher les informations les plus introuvables. Ses articles étaient toujours fouillés et bien documentés, ce qui lui a valu le respect de ses pairs. Il faisait partie des rares plumes, avec Bernard Pivot et Jean Chalon, qui avaient élevé au rang d’art "l’écho", ces brèves informations dénichées dans les cocktails ou dans les coulisses des prix littéraires.
Un écrivain prolifique
Le côté investigateur de Jean-Claude Lamy l’a naturellement amené vers le livre. Il a écrit plus d’une trentaine de livres sur des personnalités qu’il admirait ou qu’il connaissait, dont Françoise Sagan, Georges Brassens, Raymond Poulidor, Pierre Lazareff, Gaston Leroux, Marguerite Duras, Coluche, Bernard et Annabelle Buffet, Jeanne Calment, Mac Orlan, etc. Il a également édité et préfacé les mémoires posthumes de Robert Sabatier. Son inventory est impressionnant, à l’image de l’inventaire à la Prévert. Il a même obtenu le Prix Goncourt de la biographie en 2008 pour sa biographie des frères Prévert.
Un "premier" décès inattendu
Jean-Claude Lamy a eu la curieuse expérience d’être annoncé pour mort alors qu’il était bien vivant. En mai 2018, Wikipedia déclarait sa disparition, avec photo à l’appui. Cependant, il s’agissait d’un homonyme. Le choc a été rude, mais Jean-Claude Lamy en a bien ri et a même écrit un livre à ce sujet, intitulé "Ma Première Mort". Ce livre est à la fois savoureux et drôle, et montre la capacité de l’écrivain à rire de lui-même et à transformer une expérience difficile en humour.
Un héritage littéraire
Le décès de Jean-Claude Lamy laisse un vide dans le monde du journalisme et de la littérature. Cependant, son héritage littéraire est immense. Ses livres continueront à inspirer les générations futures de journalistes et d’écrivains. Sa passion pour la découverte et l’aventure a été contagieuse, et son travail a influencé de nombreux lecteurs. Il a été élu à l’Académie drômoise des lettres, des sciences et des arts en 2018, et a reçu une récompense décernée par l’Académie française pour sa biographie de Jean-Edern Hallier. Son nom restera associé à la littérature et au journalisme de qualité, et son oeuvre continuera à être lue et appréciée pendant des années à venir.