La Liberté de la Presse en Algérie : Une Lutte Perdue ?
La scène est désormais cruelle en Algérie, où les autorités ont décidé de mettre le sceau final sur les deux derniers médias indépendants du pays, Maghreb Emergent et Radio M. La fermeture de ces deux institutions de presse libre constitue un acte de trahison envers la démocratie et la liberté d’expression, valeurs pourtant censées être les piliers de tout système politique sain. Ce geste autoritaire est le résultat d’une politique systématique mise en place depuis des années pour étouffer la voix de l’opposition et des médias libres.
Il est important de noter que ce n’est pas la première fois que les autorités algériennes démontrent leur incapacité à tolérer la liberté de la presse. Au printemps 2020, sous la houlette d’Ammar Belhimer, une série de mesures répressives avait déjà été prise, notamment le blocage de sites web, la fermeture de journaux, de chaînes de télévision et de bureaux de médias internationaux, sans oublier le sabordage du quotidien Liberté. Cette politique de répression n’est pas nouvelle et rappelle les sombres heures du régime de Bouteflika, où des journaux comme Le Matin furent fermés et leurs directeurs emprisonnés pour avoir osé dénoncer les dérives du pouvoir.
La mise sous scellés de Maghreb Emergent et Radio M. signe la fin de toute possibilité de débat en Algérie. Ces médias représenttaient les derniers espaces où la voix de l’opposition et des citoyens pouvaient s’exprimer librement. Aujourd’hui, il ne reste plus que Berbère Télévision pour donner la parole à ceux qui osent contester le pouvoir et dénoncer les violations des libertés dans le pays. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans une politique globale de répression qui tente d’étouffer toute forme d’opposition, qu’elle soit politique, médiatique ou civile.
Les conséquences de cette politique sont déjà visibles. Les arrestations se multiplient, les procès d’activistes et de journalistes s’enchaînent, et les détenus d’opinion sont de plus en plus nombreux. Le pays est plongé dans un état de tension permanente, où la peur et la répression ont remplacé le débat et la démocratie. La présidence actuelle, loin de chercher à convaincre et à rassembler, a choisi la voie de la gouvernance par la répression, avec pour seul résultat de créer un climat de défiance et de colère parmi la population.
La fermeture de Maghreb Emergent et Radio M. n’est pas seulement un acte de censure, c’est aussi un signal envoyé à l’ensemble de la société algérienne : la liberté d’expression est considérée comme un danger pour le pouvoir, et ceux qui osent la défendre seront sanctionnés. C’est là une partie du sombre bilan des trois années de présidence de Tebboune, un bilan marqué par la répression, la censure et la négation des droits les plus fondamentaux des citoyens.
Alors que l’Algérie traverse une période de crise profonde, il est plus que jamais nécessaire de défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression. Ces valeurs sont les garants de la démocratie et de la bonne gouvernance, et leur perte signifierait la mort de l’espoir pour un avenir meilleur. Il est temps pour les autorités algériennes de reconsidérer leur politique et de choisir la voie du dialogue et de la tolérance, avant qu’il ne soit trop tard. La liberté de la presse en Algérie est-elle condamnée à disparaître ? Seul l’avenir le dira, mais une chose est certaine : la lutte pour la liberté d’expression et la démocratie est loin d’être terminée.