Une "blague" de mauvais goût au Louvre : deux youtubeurs allemands collent des caricatures de Trump et Merz à côté de la Joconde
Le 29 mars dernier, une opération de guérilla artistique a eu lieu dans la salle des États du Louvre, l’un des musées les plus emblématiques du monde. Deux youtubeurs allemands, originaires de Cologne, ont profité d’un moment de distraction de la sécurité pour coller des caricatures du président américain Donald Trump et de Friedrich Merz, probable futur chancelier allemand, dans des tenues napoléoniennes, à quelques mètres de la Joconde. Cette "blague" de mauvais goût a créé un buzz important sur les réseaux sociaux, mais a également posé des questions sur les limites de la liberté d’expression et le respect des lieux culturels.
Les deux youtubeurs, qui ont tenu à rester anonymes, ont expliqué dans une interview accordée à la chaîne d’audiovisuel public WDR que leur objectif était de montrer que "les Allemands peuvent aussi être drôles" et non de faire un geste politique. Ils ont filmé leur opération et ont partagé les images sur les réseaux sociaux, où elles ont rapidement fait le tour du web.
La vidéo montre les deux hommes achetant des cadres en Allemagne, puis se rendant au Louvre en train. Ils arrivent au musée et passent facilement la sécurité en cachant les tableaux caricaturaux sous leur chemise. Une fois à l’intérieur, ils se rendent aux toilettes pour sortir les cadres de leur sac et les préparer pour l’opération. Ils disposent d’un ruban adhésif double face pour accrocher les "œuvres" aux murs du musée.
Le choix de l’emplacement n’était pas anodin. Les deux youtubeurs ont décidé de placer leurs caricatures dans la salle des États, où sont exposées certaines des œuvres les plus emblématiques de la peinture italienne, dont la Joconde. Ils ont profité d’un moment de déconcentration de la sécurité et de l’afflux de visiteurs pour accrocher leurs "œuvres" côte à côte, à gauche de La Femme au miroir de Tiziano Vecellio, et à quelques mètres du portrait de Mona Lisa.
L’accrochage clandestin a vite été remarqué par quelques touristes qui se sont approchés des deux photos. Certains les ont même photographiés. Les deux hommes, quant à eux, sont passés inaperçus et ont réussi à rejoindre la sortie du musée sans être arrêtés par la sécurité. Leurs "œuvres" ont été retirées quelques minutes après par les employés du musée.
Le musée du Louvre a refusé de commenter l’incident, mais a assuré que des mesures de sécurité supplémentaires allaient être prises pour éviter ce type de situations à l’avenir. Les deux youtubeurs, quant à eux, ont assuré qu’ils ne regrettaient rien et que leur "blague" avait atteint son objectif : faire rire et créer un buzz.
Cet incident pose cependant des questions sur les limites de la liberté d’expression et le respect des lieux culturels. Est-il acceptable de transformer un musée en un espace de divertissement et de créer un buzz aux dépens de l’art et de la culture ? Les visiteurs du Louvre sont-ils là pour admirer les œuvres d’art ou pour assister à des happenings de mauvais goût ?
La polémique suscitée par cet incident montre que les frontières entre l’art, la culture et le divertissement sont de plus en plus floues. Les réseaux sociaux ont créé un espace où tout est possible et où les limites de la décence et du respect sont souvent dépassées. Les musées et les lieux culturels doivent-ils s’adapter à cette nouvelle réalité et trouver des moyens de contrôler les happenings et les "blagues" de mauvais goût, ou doivent-ils continuer à défendre la culture et l’art contre les dérives de la société ?
Quoi qu’il en soit, cet incident montre que les youtubeurs allemands ont réussi à créer un buzz et à faire parler d’eux. Mais à quel prix ? La Joconde et les autres œuvres d’art exposées au Louvre méritent-elles d’être associées à des "blagues" de mauvais goût et à des happenings qui dépassent les limites de la décence ? La réponse à cette question est sans doute non. Les musées et les lieux culturels doivent continuer à défendre la culture et l’art contre les dérives de la société et à promouvoir le respect et la décence.